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Nom Col du Parpaillon
Altitude 2637 m (Portails du tunnel)
Code Chauvot FR-04-2637
Massif Alpes (Massif de l'Ubaye-Orenaye)
Route D39T (Hautes-Alpes), D29 (Alpes de Haute-Provence), non revêtues
Communes Crévoux (Nord), La Condamine-Châtelard (Sud)
Fermeture hivernale Octobre - Juillet
Première Ascension 4 Septembre 2010


Portail Nord (gauche) et Sud (droite) du Tunnel du Parpaillon. 4 Septembre 2010.

Ce col a été ouvert au début du XXème siècle par l'armée, pour des raisons stratégiques justifiées par la proximité de l'ennemi italien et la vulnérabilité de la route parallèle du Col de Vars. Cet intérêt stratégique a disparu, et l'armée n'entretient plus la route depuis une quarantaine d'années.
Cette route n'a jamais été revêtue. Lors du goudronnage massif des cols alpins, dans les années 1950-1960, c'est tout naturellement que le col de Vars, reliant les mêmes vallées et plus bas de 500 mètres, a été amélioré, élargi et revêtu, laissant le Parpaillon dans son état originel. C'est, en conséquence, l'un des derniers témoins de ce que pouvait être un grand col alpin avant-guerre, au début du tourisme automobile et au temps des premiers Tours de France des Forçats de la Route (qualificatif dont ne peuvent en aucun cas se prévaloir les pharmacies sur roues que sont les cyclistes pros actuels).

De fait, le col du Parpaillon est aujourd'hui la chasse gardée des VTT, 4x4 et autres motos trial. Pour l'anecdote, c'est la seule et unique fois que j'étais salué par les motards lors de cette ascension. Il y a quelques années, ou dizaines d'années, ce col était encore praticable à vélo de route "pas fragile" ou en randonneuse; très honnêtement aujourd'hui je pense qu'il est inimaginable qu'un vélo de route s'aventure sur ce chemin tellement il est défoncé par le passage répété des véhicules 4x4 et d'exploitation forestière. A l'extrême limite, sur son versant nord, avec un bon vieux cadre en acier, des petits braquets, des roues solides et de gros pneus d'au moins 28 mm de section, pourquoi pas... Mais certainement pas avec les cadres en plastique carbone actuels. Et le versant sud est tellement défoncé qu'un vélo de route ne saurait franchir cet obstacle.

Néanmoins, armé d'un VTT moderne, léger et bien équipé, l'ascension du Parpaillon est une grande aventure à vivre au moins une fois dans sa vie quand on est un vrai chasseur de cols, et reste un souvenir inoubliable. Le Parpaillon est en effet un col de légende, un mythe cycliste. Au Club des Cent Cols, on pourrait presque séparer les cent-colistes en deux groupes: ceux qui ont gravi le Parpaillon et ainsi gagné leurs galons de cyclo-grimpeurs, et ceux qui ne l'ont pas gravi... Ce col, par son versant nord (Embrun) s'il était goudronné dans sa totalité, égalerait en difficulté le majestueux Col du Galibier. Non revêtu, sa difficulté est encore pire, en faisant du coup un challenge encore plus motivant. On se prend parfois à imaginer ce que pourrait être une grande étape de montagne du Tour, passant par le Parpaillon enchaîné avec la Bonette ou l'Izoard, mais ça n'arrivera jamais: le Parpaillon ne sera jamais goudronné, et à l'inverse du Giro qui fréquente parfois des chemins muletiers (comme la Strada dell'Assietta par exemple), le Tour ne viendra jamais sur ce genre de passages (déjà qu'il ne franchit pas certains cols comme le Col du Grand Colombier...).

Pour franchir le Parpaillon, quelques précautions s'imposent. D'abord grimper en VTT on l'a vu. Puis être bien équipé. Déjà, prévoir au moins deux bidons (il y a 10 km sur chaque versant entre la dernière fontaine et le sommet), voire un conteneur de grande capacité dans le sac à dos, car il faut un sac à dos. Puis, prévoir des vêtements chauds et un éclairage performant (la frontale étant le meilleur choix si on en possède une). En effet, le tunnel sommital, long de 400 mètres environ, est très froid, très humide et très obscur. En d'autres termes, c'est un véritable cloaque. Il vaut mieux, en particulier, bien prendre garde à où on pose ses pieds, au risque de les tremper dans une profonde flaque d'eau glaciale. Eventuellement, des sacs pour emballer les pieds peuvent être utiles. Enfin, le tunnel est indiqué sur les cartes Michelin, selon les époques, comme passage incertain ou passage interdit. Il faut donc se préparer à ne pas pouvoir franchir le tunnel, et à être obligé de porter le VTT pour franchir le col géographique une centaine de mètres au-dessus du tunnel, par un petit sentier, ce qui implique d'avoir de bonnes chaussures. On peut éventuellement aussi choisir cette dernière option pour ne pas avoir à traverser le précédemment dit cloaque.

Versant Nord (Embrun)


Départ Embrun Gare SNCF
Longueur 28 km
Itinéraire D 994D d'Embrun au carrefour de la D 39, D 39 de ce point à Crévoux (carrefour au pied du village, ne pas suivre Crévoux-centre), D 39L de ce point à La Chalp, D 39T de La Chalp au col.
Dénivelée 1840 m
Pente maximale 10%
Cotation au carré (Bodoin) 848 points (jusqu'au Pont du Réal)
Catégorie (TdF) N/A
Etat de la route Goudronnée et en bon état jusqu'au Pont du Réal (km. 19). Piste non revêtue, caillouteuse et dégradée au-delà. La section la plus dégradée se trouve dans la traversée de la forêt de Crévoux (poussage parfois nécessaire), une fois sorti de la forêt l'état s'améliore un peu (plus de poussage nécessaire). Attention aux rails d'écoulement des eaux qui traversent la piste en diagonale.
Paysage ***

Cette montée très longue et difficile se déroule en plusieurs temps. Au départ d'Embrun on commence par descendre vers la Durance, que l'on franchit sur un petit pont-cage. Puis la route s'élève progressivement par une pente n'excédant pas 5% jusqu'au carrefour de la D39 où l'on bifurque à droite. La montée se poursuit un peu plus forte jusqu'au hameau des Rencuraux, sur une route qui avait été gravillonnée de frais le 04.09.2010. Puis suivent 2 km de faux-plat jusqu'au hameau du Villard, après lequel arrive sur la droite une route (D39A) qui permet une variante de ce trajet depuis Embrun. Après ce carrefour, toujours dans une ambiance boisée, on remonte la rivière par des pentes qui s'accentuent et peuvent parfois atteindre une dizaine de %, notamment dans un secteur avec deux lacets. La pente se calme légèrement avant d'arriver au carrefour au pied de Crévoux. A cet endroit, les panneaux routiers indiquent deux itinéraires pour le Parpaillon, un tout droit via La Chalp et l'autre à droite par Crévoux. Ce dernier perd le goudron plus tôt, dès la sortie de Crévoux, il vaut mieux continuer tout droit. A noter qu'il est possible de signer le livre d'or du Parpaillon à l'hôtel Parpaillon à Crévoux.
La route se raidit alors franchement pour franchir un petit pont, puis la pente se calme de nouveau progressivement avant d'atteindre La Chalp, dernier hameau habité où l'on prendra la précaution de se ravitailler en eau potable à la fontaine. A la sortie de La Chalp, la route est plate, voire même en légère descente, sur 1.5 km, avant de recommencer à grimper pour la difficile rampe terminale de 11 km entre 9 et 10%. La route se rétrécit, franchit une succession de lacets et le goudron continue jusqu'au Pont du Réal, dans une forêt dense.
Au pont la civilisation s'efface et laisse la place à une piste caillouteuse, très dégradée dans la traversée de la forêt qui dure environ 3 km. Une fois sorti de la forêt, on se retrouve dans un paysage de haute montagne, d'abord de prairies d'alpage, puis de plus en plus rocailleux en approchant du sommet. A 2 km du sommet, il est possible d'aller chercher le col de Girabeau sur la droite par un chemin de terre. Un franchissement de ruisseau à gué suit, et après une dernière succession de lacets, on arrive en vue de la gueule noire du tunnel.

Versant Sud (La Condamine-Châtelard)


Départ La Condamine-Châtelard, Carrefour D 900 - D 29
Longueur 17 km
Itinéraire D 29 de La Condamine au col.
Dénivelée 1355 m
Pente maximale 10%
Cotation au carré (Bodoin) 458 points (jusqu'à la Chapelle Sainte-Anne)
Catégorie (TdF) N/A
Etat de la route Goudronnée et en bon état jusqu'à la bifurcation de la station de ski de Sainte-Anne (km. 5), un peu plus gravillonneuse jusqu'à la chapelle Sainte-Anne (km. 6). Piste non revêtue, caillouteuse et dégradée au-delà. La section la plus dégradée ne se trouve pas dans la forêt, mais après le Plan du Parpaillon (présence d'éboulements sur la route qui ont été tassés par les 4x4, et d'affaissements de terrain). Attention aux rails d'écoulement des eaux qui traversent la piste en diagonale.
Paysage ****

Cette montée est un peu plus courte car elle part de plus haut. La section goudronnée est de ce fait beaucoup plus courte (6 km seulement). Dès la sortie de La Condamine, la route monte fort, très fort, jusqu'à 10%, sur une route en lacets et en corniche par endroits, offrant une belle vue sur la vallée en contrebas. Le 04.09.2010, une partie de cette route avait été gravillonnée de frais. Après 5 km de forte montée arrive une bifurcation, à gauche la route continue sur encore 1,5 km environ jusqu'à la station de ski de Sainte-Anne; cette montée fait partie du Brevet des 7 cols de l'Ubaye, en remplacement du Col de Larche interdit aux cyclistes.
Notre route, elle, continue tout droit, et alors que la route devient plus étroite et gravillonneuse, la pense s'adoucit jusqu'à la Chapelle Sainte-Anne. Une fontaine se trouve ici, c'est la seule de l'ascension. Le goudron disparaît alors pour laisser place à une piste caillouteuse sur 11 km. Elle s'engage alors dans une forêt de mélèzes qu'elle traverse au prix de quelques lacets dans une pente d'abord moyenne, suivie d'une section plus raide après le Pont en bois du Bérard (ne pas louper la superbe borne kilométrique, pardon métrique !) et à nouveau 2 km plus tranquilles jusqu'au Plan du Parpaillon et la Cabane du Parpaillon, où la route franchit le torrent du Parpaillon sur un pont en bois. La forêt laisse alors place aux prairies d'alpage, puis à la caillasse. Cette dernière section de la route, raide avec une pente constante à 9-10% sur 6 km, et avec de nombreux lacets, est la plus dégradée, et pourra nécessiter le poussage du VTT par endroits. La gueule noire du tunnel n'est pas visible avant d'avoir franchi le dernier lacet à gauche.

Quelques Photos


A Embrun, prêt pour l'aventure. La seule et unique photo de moi avec un VTT. 04.09.2010.

La route va être longue... 04.09.2010.

La Chalp, dernier hameau habité avant le col. 04.09.2010.

A la sortie de La Chalp, nous voilà prévenus. 04.09.2010.

Le Pont du Réal, fin de la civilisation. 04.09.2010.

La piste après la forêt. 04.09.2010.

Les alpages sous le sommet, versant Nord. Le col de Girabeau est juste à gauche. 04.09.2010.

Les ruines militaires au portail Sud, squattées par les moutons. 04.09.2010.

Les lacets de la piste dans le versant sud. 04.09.2010.

Le Plan du Parpaillon. 04.09.2010.

La faune locale. 04.09.2010.

Une autre faune locale, qui gêne le trafic ! 04.09.2010.

Ah, la précision militaire... Pont du Bérard. 04.09.2010.

La Chapelle Sainte-Anne. 16.06.2008.

La fontaine de la Chapelle Sainte-Anne. Le vélo de route doit stopper son chemin ici (et il a définitivement terminé sa vie un mois plus tard, malheureusement...). 16.06.2008.

La Condamine-Châtelard et le début de la route. 16.06.2008.

Petit coup de gueule...

Je profite de cette occasion, ma seule infidélité à mon vélo de route à ce jour, pour pousser une gueulante face au "sectarisme" des cyclistes, qui m'est apparu d'une manière absolument flagrante à l'occasion de cette ascension.
On peut lire, çà et là sur les forums cyclistes, des plaintes sur les cyclistes qui ne saluent pas ou ne répondent pas au salut de leurs semblables.
D'habitude, quand je suis sur mon vélo de route, je m'efforce de saluer les cyclistes que je croise ou que je double, par un petit signe ou un simple "Salut", "'Jour", "Hello" ou "Tchô" en fonction (sauf si je suis à fond dans mon truc, mais c'est rare). Tous les cyclistes sportifs, du VTTiste qui en chie sur la route au papy qui fait encore un peu de sport, en passant par le coursier (Toutes mes excuses à la mamie qui fait ses courses et que je ne salue pas...). Je reçois des retours variables suivant la région, davantage en Suisse ou dans les Alpes du sud, beaucoup moins en Haute-Savoie ou dans l'Ain (c'est une question de mentalité), mais jamais zéro.
OK, je laisse délibérément de côté les simili-pro dans leur combi intégrale moule-burnes qui s'amusent à faire des aller-retours à fond le long du lac Léman sur leur vélo monocoque profilé à roues carbone à jantes hautes et à bâtons et prolongateur de cintre et qui passent à côté de moi en coup de vent sans même un regard, et parfois sans même prendre la peine de laisser un petit espace pour me doubler (un m'a même touché une fois, je l'ai pourri sur place...), ils n'en valent pas la peine, et je rigole bien lorsque je roule plus vite qu'eux et les double sans leur laisser leur chance :o)
Or ce jour là, sur mon VTT loué, le taux de réponse des cyclistes routiers, dont je fais pourtant usuellement partie et qui étaient très nombreux notamment dans la vallée de la Durance et la vallée de l'Ubaye, était d'exactement ZERO. Oui, ZERO. C'est pitoyable, pas UN n'a répondu mieux que par un regard noir semblant vouloir dire Mais qu'est-ce qu'il me veut celui-là ?... A noter que quand je roule en hiver sur mon mulet en acier, je récolte un peu parfois les mêmes réactions. Je n'oublierai jamais ce type qui, une fois arrêté à un feu rouge à Genève, m'a littéralement dévisagé de la tête aux pieds, avant de partir en trombe une fois le feu au vert en se retournant toutes les deux secondes pour vérifier si je n'avais pas l'outrecuidance de le suivre, ce que j'aurais parfaitement pu faire celà dit...
Y aurait-il plusieurs mondes ? La route et le VTT, totalement indifférents l'un à l'autre ? Les cyclistes riches et les cyclistes apparemment pauvres ? Parce que je ne suis pas sur un super vélo tout-plastique tout-carbone dernier cri à dix mille roros mais sur un pôv'VTT ou vélo en ferraille tout lourd, je ne vaux pas la peine d'un simple salut ? Je suis quantité négligeable ? Non, je pense, mais je suis peut-être utopiste, qu'il n'y a qu'une seule grande famille cycliste qui doit se respecter, respecter tous ses pratiquants dans leur diversité, leurs niveaux, respecter les choix de chacun, et surtout ne pas s'attacher à la frime, au vélo-le-plus-beau-le-plus-cher, à la plus belle tenue, aux pattes les mieux rasées, bref à tout ce m'as-tu-vu particulièrement pénible dans ce milieu. Et un signe de politesse n'a jamais tué personne, même si dans cette société la politesse et le respect d'autrui sont des valeurs en voie de disparition... Fin de la gueulante...


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Crédits :
Carte de Titre: Carte issue de Wikipedia, Auteur "Wikialine", disponible, distribuable et modifiable selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Partage des conditions initiales à l’identique 3.0 Unported.
Cartes d'itinéraires: réalisées avec le site Openrunner, sur fond de carte Google Maps.
Profils de cols: Liens sur le site www.salite.ch, avec leur aimable autorisation en date du 15.10.2010.
Cotations au carré: Issues du travail de Guy Bodoin (Club des Cent Cols), dans son Dossier Grimpées France. Le document présente le principe de la cotation au carré, qui est utilisée notamment par la Société du Tour de France pour déterminer la catégorie des ascensions.
Photos: Sauf mention contraire, les photos sont de Didier Cadelano, et ne peuvent être utilisées sans l'accord de leur auteur.